Prévision saisonnière sur La Réunion
pour le trimestre Avril-Mai-Juin 2016

 

Tendance pour les températures

L'épisode El Niño est en train de s'atténuer fortement avec un retour à des conditions neutres prévu au cours de ce trimestre.
Dans ce contexte il existe encore une très bonne corrélation entre les anomalies de températures de surface de la mer au niveau des Mascareignes et les anomalies de températures enregistrées à La Réunion.

Ainsi, en lien avec une forte anomalie positive de température de surface de la mer prévue par les modèles de climat sur le domaine proche des Mascareignes, les températures moyennes seront plus élevées que la normale sur La Réunion (de l'ordre de +0,6°C sur le littoral).
Cela devrait placer ce trimestre d'avril à juin dans la moyenne des températures de la dernière décennie (clairement la plus chaude de ces 50 dernières années).
Le renforcement des alizés devrait cependant atténuer la sensation de chaleur en début de trimestre puis renforcer la sensation de fraîcheur lors des premières chutes de température classiquement observées en début d'hiver austral.

Tendance pour les précipitations

carte de prévision saisonnière

Pour ce trimestre avril-mai-juin, conformément à ce que l'on observe 3 à 6 mois après le pic d'intensité d'un épisode El Niño, on devrait assister à un retour remarqué des alizés, prévus légèrement plus soutenus que d'habitude au niveau du Tropique.


Pour les précipitations à La Réunion, les modèles de prévision saisonnière suggèrent ainsi un scénario normal à sec sur l'Ouest, et un scénario plutôt normal sur les autres régions malgré des alizés légèrement plus forts que de saison.

Nota : La prévision pour le trimestre Juillet-Août-Septembre 2016 sera mise en ligne fin juin 2016.

Informations sur la prévision saisonnière et méthodologie

La prévision saisonnière a pour objectif de déterminer le climat moyen sur les trois mois à venir. Présentée sous forme de prévision probabiliste, elle renseigne sur les grandes tendances saisonnières (plus chaud ou plus froid, plus sec ou plus humide que la normale).
Pour réaliser une telle prévision, les climatologues partent de l'hypothèse que les océans et leur variabilité en termes de température de surface de la mer, sont le moteur de la variabilité du climat d'une année à l'autre. Ainsi, un phénomène comme El Nino (réchauffement anormal des eaux de surfaces dans le pacifique équatorial) peut, par son amplitude, moduler les grandes circulations moyennes au sein du système atmosphérique. Ces anomalies de circulation générale viennent à leur tour temporairement moduler la température ou la pluviométrie moyenne d'un territoire à l'échelle d'une saison.
Dans certains cas, aucun scénario dominant ne se dégage à l'échelle du globe ou des grandes régions. Faute d'éléments probants susceptibles d'influencer le climat des prochains mois, il est alors impossible de privilégier un scénario.
Pour un territoire comme La Réunion, les modèles numériques du climat ont une résolution trop grossière (de l'ordre de 200 km) pour appréhender le rôle de l'insularité et du relief sur le climat local et sa variabilité. Il faut alors appliquer des méthodes de descente d'échelle climatiques qui permettent de prendre en compte les interactions complexes entre les anomalies des circulations de grande échelle et les caractéristiques locales du territoire pour lequel on cherche à établir une prévision.
La méthode statistique mise en œuvre à la Direction Interrégionale de Météo-France Océan Indien, pour la prévision des précipitations sur quatre zones de La Réunion, s'appuie sur les prévisions d'anomalie moyenne sur trois mois de différents champs atmosphériques sur un vaste domaine régional qui s'étend des côtes Africaines à l'Indonésie. Parmi les paramètres disponibles en sortie des modèles de climat de Météo-France (ARPEGE) et du Centre Européen de Prévision, on privilégie la pression au niveau de la mer, le flux zonal (direction est-ouest) du vent en basse et haute altitude, ainsi que la température de surface de la mer car ils permettent de caractériser les principaux centres d'action qui pilotent le climat local, notamment l'anticyclone des Mascareignes, le flux d'alizé ou encore les jets d'altitude.

 

►Liens vers la prévision saisonnière fournie par Météo-France métropole