Prévision saisonnière sur La Réunion
pour le trimestre Janvier-Février-Mars 2017

 

Températures
- légèrement supérieures aux normales de saison (+0,2°C à +0,4°C), 
Pluviométrie
- proche ou légèrement au-dessus des normales sur la façade Nord-Est de l'île,
- plutôt déficitaire sur le Sud,
- normale sur l'Ouest.

Tendance pour les températures

Les conditions de température de surface du Sud-Ouest de l'océan Indien sont le principal moteur de la variabilité des températures à La Réunion. Au cœur de l'été austral 2016, l'épisode El Nino présent sur le Pacifique, se traduisant par des températures de surfaces océaniques anormalement élévées sur les Mascareignes, avait conduit à des températures proches des records sur La Réunion (de l'ordre de +0,7°C au dessus des normales saisonnières).
En cette fin d'année 2016, les conditions océaniques dans le pacifique équatorial sont redevenues normales. Plus proche de La Réunion, les températures de surface de l'océan sont proches ou légèrement supérieures aux normales de saison sur les Mascareignes. Ces conditions sont prévues perdurer au cours des 3 mois à venir ce qui devrait se traduire par des températures un peu supérieures aux normales de saison pour La Réunion, sans pour autant atteindre des valeurs aussi élevées que l'année dernière. Compte-tenu du contexte de réchauffement observé sur les 50 dernières années, le niveau des températures pour le premier trimestre 2017 devrait se situer dans la moyenne de ce que l'on a connu ces 10 dernières années à la même période soit entre +0,2 et +0,4°C au dessus des normales saisonnières.

Nota : Les normales sont des moyennes établies sur 30 ans, ici 1981-2010.

Tendance pour les précipitations

 

Au coeur de l'été austral, les variations d'une année à l'autre de la pluviométrie sont pilotées d'une part par les anomalies climatiques de grande échelle mais également par l'aléa lié au passage de systèmes dépressionnaires plus ou moins proches des côtes réunionnaises, générant ponctuellement des épisodes pluvieux intenses voire extrêmes. Les modèles de prévision saisonnière n'étant pas en mesure d'apporter une information fine sur les trajectoires des systèmes qui concerneront notre zone dans les 3 mois à venir, les tendances sur la pluviométrie apportées dans ce bulletin comportent une incertitude élevée.

 

Néanmoins, à grande échelle, les modèles climatiques prévoient des pressions atmosphériques plus élevées que la normale sur une grande partie centrale de notre bassin en lien avec une anomalie sèche (subsidence de grande échelle), ainsi qu'un apport en humidité par le flux de mousson au niveau de l'équateur plus faible que la normale. Cette configuration est plutôt défavorable pour la formation des systèmes dépressionnaires tropicaux dans la partie centrale de notre bassin. Cependant, cette configuration peut, plus localement, favoriser des flux de nord-est sur La Réunion pouvant par périodes devenir humides et générateurs de fortes pluies notamment sur la moitié nord-est de l'île.

Dans ce contexte, on prévoit une pluviométrie normale ou au dessus de la normale sur le Nord et l'Est de l'île, normale sur l'Ouest et normale ou en dessous de la normale sur le Sud.

Nota : La prévision pour le trimestre Avril-Mai-Juin 2017 sera mise en ligne fin mars 2017.

Informations sur la prévision saisonnière et méthodologie

La prévision saisonnière a pour objectif de déterminer le climat moyen sur les trois mois à venir. Présentée sous forme de prévision probabiliste, elle renseigne sur les grandes tendances saisonnières (plus chaud ou plus froid, plus sec ou plus humide que la normale).
Pour réaliser une telle prévision, les climatologues partent de l'hypothèse que les océans et leur variabilité en termes de température de surface de la mer, sont le moteur de la variabilité du climat d'une année à l'autre. Ainsi, un phénomène comme El Nino (réchauffement anormal des eaux de surfaces dans le pacifique équatorial) peut, par son amplitude, moduler les grandes circulations moyennes au sein du système atmosphérique. Ces anomalies de circulation générale viennent à leur tour temporairement moduler la température ou la pluviométrie moyenne d'un territoire à l'échelle d'une saison.
Dans certains cas, aucun scénario dominant ne se dégage à l'échelle du globe ou des grandes régions. Faute d'éléments probants susceptibles d'influencer le climat des prochains mois, il est alors impossible de privilégier un scénario.
Pour un territoire comme La Réunion, les modèles numériques du climat ont une résolution trop grossière (de l'ordre de 200 km) pour appréhender le rôle de l'insularité et du relief sur le climat local et sa variabilité. Il faut alors appliquer des méthodes de descente d'échelle climatiques qui permettent de prendre en compte les interactions complexes entre les anomalies des circulations de grande échelle et les caractéristiques locales du territoire pour lequel on cherche à établir une prévision.
La méthode statistique mise en œuvre à la Direction Interrégionale de Météo-France Océan Indien, pour la prévision des précipitations sur quatre zones de La Réunion, s'appuie sur les prévisions d'anomalie moyenne sur trois mois de différents champs atmosphériques sur un vaste domaine régional qui s'étend des côtes Africaines à l'Indonésie. Parmi les paramètres disponibles en sortie des modèles de climat de Météo-France (ARPEGE) et du Centre Européen de Prévision, on privilégie la pression au niveau de la mer, le flux zonal (direction est-ouest) du vent en basse et haute altitude, ainsi que la température de surface de la mer car ils permettent de caractériser les principaux centres d'action qui pilotent le climat local, notamment l'anticyclone des Mascareignes, le flux d'alizé ou encore les jets d'altitude.

 

►Liens vers la prévision saisonnière fournie par Météo-France métropole