Prévision saisonnière sur La Réunion
pour le trimestre Octobre-Novembre-Décembre 2016

 

Tendance pour les températures

Un épisode La Niña faible est en cours sur le Pacifique, tandis que le dipôle de l'océan Indien (différence d'anomalies de température de surface de la mer entre l'ouest et l'est du bassin) a connu ces derniers mois des valeurs négatives proches des records. Comme les Mascareignes se situent à la lisière d'eaux plus froides au nord-est et plus chaudes au sud-ouest, les températures moyennes sont prévues proches des normales sur La Réunion, ce qui devrait placer ce trimestre d'octobre à décembre parmi les moins chauds de cette dernière décennie.

Pour rappel, les deux dernières années avaient connu lors de ce trimestre des températures exceptionnellement chaudes, générant souvent une sensation d'inconfort. Cette année, on devrait donc échapper à ce scénario. Bien sûr, il s'agit de moyennes. Quelques journées ponctuellement « chaudes » par rapport aux moyennes climatologiques restent donc tout à fait possibles.

Nota : Les normales sont des moyennes établies sur 30 ans, ici 1981-2010.

Tendance pour les précipitations

carte de prévision saisonnière

La réponse de l'atmosphère aux signaux océaniques précités (La Niña et dipôle de l'océan indien) devrait se matérialiser principalement pour le trimestre à venir par un renforcement de l'anticyclone subtropical, un renforcement des alizés au niveau du Tropique du Capricorne, et par des jets d'altitude (vents d'ouest de haute troposphère) moins forts.

Pour les précipitations à La Réunion, on privilégiera donc un scénario sec à normal sur la façade sud de La Réunion. A quelques nuances près, ce scénario est étendu aux autres régions, avec toutefois plus d'incertitude à mesure que l'on se rapproche du Nord.

Nota : La prévision pour le trimestre Janvier-Février-Mars 2017 sera mise en ligne fin décembre 2016.

 

Informations sur la prévision saisonnière et méthodologie

La prévision saisonnière a pour objectif de déterminer le climat moyen sur les trois mois à venir. Présentée sous forme de prévision probabiliste, elle renseigne sur les grandes tendances saisonnières (plus chaud ou plus froid, plus sec ou plus humide que la normale).
Pour réaliser une telle prévision, les climatologues partent de l'hypothèse que les océans et leur variabilité en termes de température de surface de la mer, sont le moteur de la variabilité du climat d'une année à l'autre. Ainsi, un phénomène comme El Nino (réchauffement anormal des eaux de surfaces dans le pacifique équatorial) peut, par son amplitude, moduler les grandes circulations moyennes au sein du système atmosphérique. Ces anomalies de circulation générale viennent à leur tour temporairement moduler la température ou la pluviométrie moyenne d'un territoire à l'échelle d'une saison.
Dans certains cas, aucun scénario dominant ne se dégage à l'échelle du globe ou des grandes régions. Faute d'éléments probants susceptibles d'influencer le climat des prochains mois, il est alors impossible de privilégier un scénario.
Pour un territoire comme La Réunion, les modèles numériques du climat ont une résolution trop grossière (de l'ordre de 200 km) pour appréhender le rôle de l'insularité et du relief sur le climat local et sa variabilité. Il faut alors appliquer des méthodes de descente d'échelle climatiques qui permettent de prendre en compte les interactions complexes entre les anomalies des circulations de grande échelle et les caractéristiques locales du territoire pour lequel on cherche à établir une prévision.
La méthode statistique mise en œuvre à la Direction Interrégionale de Météo-France Océan Indien, pour la prévision des précipitations sur quatre zones de La Réunion, s'appuie sur les prévisions d'anomalie moyenne sur trois mois de différents champs atmosphériques sur un vaste domaine régional qui s'étend des côtes Africaines à l'Indonésie. Parmi les paramètres disponibles en sortie des modèles de climat de Météo-France (ARPEGE) et du Centre Européen de Prévision, on privilégie la pression au niveau de la mer, le flux zonal (direction est-ouest) du vent en basse et haute altitude, ainsi que la température de surface de la mer car ils permettent de caractériser les principaux centres d'action qui pilotent le climat local, notamment l'anticyclone des Mascareignes, le flux d'alizé ou encore les jets d'altitude.

 

►Liens vers la prévision saisonnière fournie par Météo-France métropole