Prévision saisonnière sur La Réunion
pour le trimestre Juillet-Août-Septembre 2016

 

Tendance pour les températures

Après un épisode El Niño très fort qui a piloté en grande partie le temps sur La Réunion pendant plus d'un an, c'est maintenant un épisode La Niña qui prend le relais.  Mais une certaine incertitude subsiste quant à l'intensité future de cet épisode, classiquement à son pic d'intensité en fin d'année ou début d'année prochaine. Il sera probablement faible.

Dans ce contexte, en lien avec la température de surface de la mer sur le domaine proche des Mascareignes, les températures moyennes seront proches des normales sur La Réunion. Pour rappel, les normales sont établies sur 30 ans, ici 1981-2010.

Cela devrait tout de même placer ce trimestre de juillet à septembre parmi les plus frais de la dernière décennie, puisque celle-ci, dans un contexte de réchauffement climatique, est clairement la plus chaude de ces 50 dernières années.

Tendance pour les précipitations

carte de prévision saisonnière

Pour ce trimestre d'hiver austral (juillet-août-septembre), la réponse de l'atmosphère au signal océanique type La Niña commence à se mettre en place, mais ce n'est pas encore très marqué au niveau des Mascareignes. On s'oriente tout de même vers des vents ayant une composante sud plus marquée ou plus fréquente, soit par des alizés de sud-est, soit consécutivement à des passages de fronts froids.

Pour les précipitations à La Réunion, on privilégiera donc un scénario humide sur le Sud, et normal sur les autres régions. Toutefois, sur ces dernières, on tiendra compte aussi d'une légère tendance plus humide vers le Sud-Est et au contraire une légère tendance plus sèche vers le Nord-Ouest.

Nota : La prévision pour le trimestre Octobre-Novembre-Décembre 2016 sera mise en ligne fin septembre 2016.

 

Informations sur la prévision saisonnière et méthodologie

La prévision saisonnière a pour objectif de déterminer le climat moyen sur les trois mois à venir. Présentée sous forme de prévision probabiliste, elle renseigne sur les grandes tendances saisonnières (plus chaud ou plus froid, plus sec ou plus humide que la normale).
Pour réaliser une telle prévision, les climatologues partent de l'hypothèse que les océans et leur variabilité en termes de température de surface de la mer, sont le moteur de la variabilité du climat d'une année à l'autre. Ainsi, un phénomène comme El Nino (réchauffement anormal des eaux de surfaces dans le pacifique équatorial) peut, par son amplitude, moduler les grandes circulations moyennes au sein du système atmosphérique. Ces anomalies de circulation générale viennent à leur tour temporairement moduler la température ou la pluviométrie moyenne d'un territoire à l'échelle d'une saison.
Dans certains cas, aucun scénario dominant ne se dégage à l'échelle du globe ou des grandes régions. Faute d'éléments probants susceptibles d'influencer le climat des prochains mois, il est alors impossible de privilégier un scénario.
Pour un territoire comme La Réunion, les modèles numériques du climat ont une résolution trop grossière (de l'ordre de 200 km) pour appréhender le rôle de l'insularité et du relief sur le climat local et sa variabilité. Il faut alors appliquer des méthodes de descente d'échelle climatiques qui permettent de prendre en compte les interactions complexes entre les anomalies des circulations de grande échelle et les caractéristiques locales du territoire pour lequel on cherche à établir une prévision.
La méthode statistique mise en œuvre à la Direction Interrégionale de Météo-France Océan Indien, pour la prévision des précipitations sur quatre zones de La Réunion, s'appuie sur les prévisions d'anomalie moyenne sur trois mois de différents champs atmosphériques sur un vaste domaine régional qui s'étend des côtes Africaines à l'Indonésie. Parmi les paramètres disponibles en sortie des modèles de climat de Météo-France (ARPEGE) et du Centre Européen de Prévision, on privilégie la pression au niveau de la mer, le flux zonal (direction est-ouest) du vent en basse et haute altitude, ainsi que la température de surface de la mer car ils permettent de caractériser les principaux centres d'action qui pilotent le climat local, notamment l'anticyclone des Mascareignes, le flux d'alizé ou encore les jets d'altitude.

 

►Liens vers la prévision saisonnière fournie par Météo-France métropole