Prévisions saisonnières sur La Réunion et Mayotte
pour le trimestre Avril-Mai-Juin 2017

 

Températures
- au dessus des normales de saison
Pluviométrie
- normale ou excédentaire

Contexte sur le Sud-Ouest de l'océan Indien

Après un début d'été austral exceptionnellement sec, le Sud-Ouest de l'océan Indien a progressivement retrouvé des conditions plus humides en février et mars. Ce regain d'humidité est à mettre au crédit d'une phase fortement positive du Dipôle Subtropical de l'Océan Indien (SIOD) dont le pic a été atteint début février (voir ci-contre les températures de surface océaniques sur les 90 derniers jours).

Pour le trimestre à venir (Avril-Mai-Juin), la zone d'eaux relativement chaudes située au sud des Mascareignes est prévue glisser lentement vers le nord pour concerner les régions allant des Mascareignes aux Comores. Ces conditions océaniques, associées à une légère anomalie négative de pression au niveau de la mer, pourraient favoriser sur ces régions la présence d'air relativement humide pour la saison.

Réunion

A l'échelle de La Réunion, la partie sous le vent du relief (l'Ouest), devrait bénéficier d'une pluviométrie normale à excédentaire.

La partie Est de l'île, plus dépendante du flux d'alizé, devrait connaître des conditions proches de la normale.

Les températures sont prévues dépasser les normales d'environ 0,5 à 0,6°C. 

Mayotte

A l'échelle de Mayotte, le contexte régional devrait se traduire par une pluviométrie proche de la normale ou supérieure à la normale.

Quant aux températures, elles sont prévues dépasser les normales d'environ 0,2 à 0,3°C.

 

Nota 1 : Les normales sont des moyennes établies sur 30 ans, ici 1981-2010.

Nota 2 : La prévision pour le trimestre Juillet-Août-Septembre 2017 sera mise en ligne fin juin 2017.

Informations sur la prévision saisonnière et méthodologie

La prévision saisonnière a pour objectif de déterminer le climat moyen sur les trois mois à venir. Présentée sous forme de prévision probabiliste, elle renseigne sur les grandes tendances saisonnières (plus chaud ou plus froid, plus sec ou plus humide que la normale).
Pour réaliser une telle prévision, les climatologues partent de l'hypothèse que les océans et leur variabilité en termes de température de surface de la mer, sont le moteur de la variabilité du climat d'une année à l'autre. Ainsi, un phénomène comme El Nino (réchauffement anormal des eaux de surfaces dans le pacifique équatorial) peut, par son amplitude, moduler les grandes circulations moyennes au sein du système atmosphérique. Ces anomalies de circulation générale viennent à leur tour temporairement moduler la température ou la pluviométrie moyenne d'un territoire à l'échelle d'une saison.
Dans certains cas, aucun scénario dominant ne se dégage à l'échelle du globe ou des grandes régions. Faute d'éléments probants susceptibles d'influencer le climat des prochains mois, il est alors impossible de privilégier un scénario.
Pour un territoire comme La Réunion, les modèles numériques du climat ont une résolution trop grossière (de l'ordre de 200 km) pour appréhender le rôle de l'insularité et du relief sur le climat local et sa variabilité. Il faut alors appliquer des méthodes de descente d'échelle climatiques qui permettent de prendre en compte les interactions complexes entre les anomalies des circulations de grande échelle et les caractéristiques locales du territoire pour lequel on cherche à établir une prévision.
La méthode statistique mise en œuvre à la Direction Interrégionale de Météo-France Océan Indien, pour la prévision des précipitations sur quatre zones de La Réunion, s'appuie sur les prévisions d'anomalie moyenne sur trois mois de différents champs atmosphériques sur un vaste domaine régional qui s'étend des côtes Africaines à l'Indonésie. Parmi les paramètres disponibles en sortie des modèles de climat de Météo-France (ARPEGE) et du Centre Européen de Prévision, on privilégie la pression au niveau de la mer, le flux zonal (direction est-ouest) du vent en basse et haute altitude, ainsi que la température de surface de la mer car ils permettent de caractériser les principaux centres d'action qui pilotent le climat local, notamment l'anticyclone des Mascareignes, le flux d'alizé ou encore les jets d'altitude.

 

►Liens vers la prévision saisonnière fournie par Météo-France métropole