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La FAQ (Foire Aux Questions) tente de répondre aux interrogations classiques concernant les ouragans, typhons et cyclones tropicaux.
Elle est autant que possible adaptée à l'hémiphère Sud, et fournit aussi des références bibliographiques aux lecteurs souhaitant approfondir les sujets.


Remerciements à Sim Aberson, Jack Beven, Gary Padgett, Tom Berg, Julian Heming, Gary Gray, Frank Woodcock, Stephen Caparotta, Steven Young, D. Walston, James Lewis Free, Jon Gill, Miles Lawrence, Robert A. Black, Bill McCaul, Bart Hagemeyer, Frank Marks, Joe Cione, Frank Lepore, Jan Nul, John Guiney, Chris Landsea, Philippe Caroff, Thierry Dupont et Anne-Claire Fontan pour avoir contribué à cette FAQ.

Source principale de la FAQ : NOAA.
Adaptation : Centre des Cyclones Tropicaux de La Réunion.
Traduction : Centre des Cyclones Tropicaux de La Réunion et Météo-France Nouvelle-Calédonie   

 


FAQ
B : Nom des cyclones tropicaux

B1) Pourquoi baptise-t-on les cyclones tropicaux ?
B2) Comment sont choisis les noms des cyclones dans le Sud-Ouest de l'océan Indien ?
B3) Quels sont les baptêmes les plus précoces ? les plus tardifs ?
B4) Qu'arrive-t-il au nom d'un cyclone lorsqu'il change de zone de responsabilité ?
B5) Quels sont les noms pour la saison en cours ?

Sujet B1) Pourquoi baptise-t-on les cyclones tropicaux ?

Traduction de la contribution de Chris Landsea.

Les cyclones tropicaux sont dénommés pour faciliter la communication entre les prévisionnistes et le public pendant un épisode perturbé au niveau des prévisions et des alertes. Les cyclones ont une durée de vie qui peut dépasser une semaine et plusieurs de ces phénomènes peuvent exister en même temps sur le même bassin, les baptiser permet donc de réduire le risque de confusion entre les phénomènes.

D'après Dunn and Miller (1960), le premier usage d'un nom pour un cyclone a été le fait d'un prévisionniste australien au début de ce siècle. Il a donné un nom qui rappelait un personnage politique qu'il n'aimait pas. En nommant ainsi un cyclone, le météorologue pouvait publiquement décrire un politicien (qui n'était peut être pas tendre avec les gens de la météo) avec des termes comme "cause une grande détresse" ou  "divaguer sans but au sujet du Pacifique." (Peut-être cela devrait-il être ramené au contexte ?).

Pendant la seconde guerre mondiale, des prénoms féminins ont été donnés aux cyclones par les météorologistes de l'Armée de l'Air et de la Navy qui faisaient de la prévision cyclonique sur le Pacifique (noms de leurs petites amies ou femmes).

  • Les cyclones du Sud-Ouest de l'Océan Indien ont commencé à être baptisés pendant la saison 1960/1961, initialement exclusivement avec des prénoms féminins. Depuis la saison 2000/2001, prénoms masculins et féminins sont utilisés équitablement..

  • De 1950 à 1952, les cyclones tropicaux de l'Océan Atlantique Nord ont été identifiés par l'alphabet phonétique, mais en 1953, le Bureau Météorologique Américain n'a donné que des noms de femmes. En 1979, l'OMM (Organisation Météorologique Mondiale) et le Service Météorologique Américain (National Weather Service (NWS)) ont décidé d'alterner les prénoms masculins et féminins.

  • Les cyclones du bassin Pacifique Nord-Est ont commencé à porter des noms de femmes en 1959 pour ceux intéressant la région d'Hawaï et en 1960 cette mesure a été étendue au reste Pacifique Nord-Est. En 1978, les prénoms masculins et féminins ont été utilisés.

  • Pour le Pacifique Nord-Ouest, les cyclones étaient baptisés de noms de femme dès 1945, les masculins faisant leur apparition en 1979. Depuis le 1er janvier 2000, les cyclones tropicaux du Pacifique Nord-Ouest sont baptisés avec une nouvelles liste, très différente des précédentes. Les nouveaux noms sont asiatiques et sont donnés par tous les pays et territoires membres du Comité des Typhons de l'OMM. Ces noms ont deux différences majeures par rapport à ceux des listes établies sur les autres bassins. Dans l'ensemble les noms ne sont pas des noms de personnes. Il y en a quelques-uns, mais la plupart sont des noms de fleurs, d'animaux, d'oiseaux, d'arbres et même de nourriture ... tandis que d'autres sont des adjectifs descriptifs. Les noms ne sont pas alloués par ordre alphabétique, mais suivant l'ordre alphabétique du pays dont il est issu.

  • Dans la région de l'Océan Indien Nord, les cyclones sont baptisés depuis 2006.

  • La région australienne et le reste du Pacifique Sud (à l'est de 90°E, au sud de l'équateur) ont commencé à donner des noms de femmes aux tempêtes en 1964, les noms masculins faisant leur apparition pendant la saison 1974/1975.


Sujet B2) Comment sont choisis les noms des cyclones dans le Sud-Ouest de l'océan Indien ?

Source Philippe Caroff.

Dans le Sud-Ouest de l'océan Indien, les systèmes dépressionnaires tropicaux reçoivent des noms dès lors qu'ils atteignent le stade de tempête tropicale modérée (vents moyens sur 10 minutes excédant les 33 nœuds). Les noms sont choisis sur des listes alphabétiques pré-définies, sachant que l'on démarre systématiquement à la lettre A pour le premier système baptisé d'une saison et que, normalement, un prénom utilisé ne l'est qu'une seule fois (ce qui n'a en pratique pas toujours été le cas).
Jusqu'à la saison 1999-2000, les prénoms étaient exclusivement féminins, depuis ils sont mixtes. Les procédures de sélection des prénoms ont varié dans le temps : dans les années 80-90, par exemple, les prénoms étaient choisis à tour de rôle par les Services Météorologiques de la zone pour plusieurs années (Madagascar à la fin des années 80-début des années 90, les Seychelles à la fin des années 90 par exemple).
Depuis la saison 2000-2001, les prénoms figurant sur les listes sont issus des différents pays membres du Comité des Cyclones Tropicaux du Sud-Ouest de l'Océan Indien (qui comprend 15 pays membres, la majorité d'Afrique australe). Ces prénoms sont choisis de manière consensuelle lors du Comité des Cyclones Tropicaux (qui se tient habituellement tous les deux ans) et ce, en équilibrant les prénoms issus des différents pays.

Sujet B3) Quels sont les baptêmes les plus précoces ? les plus tardifs ?

Source Philippe Caroff.

Les systèmes les plus précoces baptisés lors d'une saison l'on été en août 1965 (Anne et Brenda), mais pour des systèmes faibles qui n'étaient très probablement que des petites perturbations ou des dépressions tropicales. Il faut donc plutôt remonter au mois de septembre pour trouver des tempêtes tropicales satisfaisant aux critères actuels de baptême. Le baptême le plus tardif est celui du futur cyclone Anacelle, le 8 février 1998.

Pour ce qui est des fins de saisons, le dernier baptême le plus précoce d'une saison l'a été formellement le 17 février 1977 (futur cyclone Hervea), mais devrait plutôt être attribué à la tempête tropicale Elinah (le 11 janvier 1983), le système Fely ayant été baptisé à tort en juin 1983. Quant au baptême le plus tardif, on peut considérer qu'il s'agit de celui de la tempête tropicale Gritelle, le 10 juin 1991, celui d'Odette en juillet 1971 ne satisfaisant pas aux critères de baptême actuels.


Sujet B4) Qu'arrive-t-il au nom d'un cyclone lorsqu'il change de zone de responsabilité ?

Contribution Philippe Caroff

Antérieurement, si un système baptisé sur l'Est du bassin de l'océan Indien Sud (sous responsabilité australienne ou indonésienne) franchissait le 90E et pénétrait sur l'Ouest du bassin (i.e. dans la zone de responsabilité du CMRS de La Réunion) au stade de tempête tropicale modérée (ou à un stade supérieur), il se voyait attribuer un nouveau nom, émanant de la liste du Sud-Ouest de l'Océan Indien (SOOI).
Pendant 48 heures, par souci de continuité, le système portait les deux noms accolés sous la forme "NouveauNom ex_AncienNom" (par exemple ARIEL ex-LEE pour le premier système de la zone SOOI de la saison 2007/2008, né, développé et baptisé LEE sur la zone australienne). Au-delà de 48 heures, le nom initial "tombait" et le système n'apparaissait plus qu'avec le nom de baptême de la zone SOOI (par exemple ARIEL).
Désormais ce n'est plus le cas. Tout comme c'était déjà le cas pour un système issu de la zone SOOI, franchissant le 90E et parvenant sur la zone australienne ou indonésienne, le nom de baptême initial est dorénavant conservé tout au long de la vie du météore (le système n'est plus "renommé").
Ce changement de procédure a été appliqué à compter de la saison 2012/2013, même si en pratique le premier cas n'est intervenu que fin 2013 (au début de la saison 2013/2014 donc), avec le cyclone BRUCE, issu de la zone australienne, venu s'intercaler entre AMARA et BEJISA. Une période transitoire avait précédé, durant laquelle les systèmes se voyaient accoler les deux noms de chaque bassin (en pratique, un seul phénomène a connu ce sort, à savoir la tempête tropicale KOJI-JONI lors de la saison 2011/2012).
Désormais, il n'y aura donc pas forcément continuité alphabétique dans la liste des phénomènes observés lors d'une saison cyclonique du SOOI. Ainsi, lors de la saison 2014/2015, le cyclone tropical KATE, issu de la zone australienne, figure-t-il entre ADJALI et BANSI.


Sujet B5) Quels sont les noms pour la saison en cours ?


Noms de baptême prévus pour la saison en cours sur le bassin du Sud-Ouest de l'océan Indien.